Présentation…

Author: Cyril  |  Category: Non classé

15 juin 2012 : nouvel article : « Le silence des agneaux »

Enfin, comme le beaujolais primeur, le nouveau blog est arrivé…

Ce blog se lira comme un livre.

Les messages les plus récents se trouvent en dernière page.

Afin de savoir si un nouvel article est édité,  une liste sera ci- après proposée dans laquelle vous retrouverez tous les articles titrés avec en plus un numéro attribué pour chacun d’eux.

Vous n’avez plus qu’à cliquer sur les titres des articles pour être directement dirigé vers eux.

N’hésitez pas à laisser vos commentaires…

Bonne lecture.

1 . Si jamais…

2 . La rencontre.

3 . Premier déjeuner.

4 . Dina la lookée.

5 . Dina la toquée.

6 . « Il m’a c… dessus ».

7 . Le radar de JM.

8 . Carine.

9 . « L’exquis » Daniel.

10 . Rencontre avec Mariette.

11 . Le déménagement de Carine.

12 . Le mensonge.

13 . La cata.

14 . Le tournant.

15 . Le silence des agneaux.




Si jamais…

Author: admin  |  Category: Non classé

Si jamais Jean-Marcel tombait sur ce blog, je vivrai un grand moment de solitude.

Jean-Marcel compte parmi mes meilleurs amis, (vous verrez par la suite que qui aime bien châtie bien ; et je l’aime bien mon JM ).

Je le connais depuis 8 ans. Nous déjeûnons une fois par semaine ensemble : on ne rate jamais ce rendez-vous ; comme la messe pour les pratiquants.

C’est un bel homme sur le retour, proche de la cinquantaine, grand ,bien fait, gueule carré, typé méditérranéen. Marié un enfant. Ne s’habille qu’exclusivement griffé, une marotte pour les lunettes Oklay. Je ne crois pas l’avoir vu porter deux fois les mêmes vêtements.

Toujours trés bien coiffé, trés soigné. C’est simple à côté de lui j’ai l’air d’un broc grincheux. Il est serviable, agréable, tout en retenu, hyper -contrôle de peur de trahir un de ses penchants pour le sexe fort. Il se dit bisexuel ; mais n’a que des rapports avec le genre masculin.

Sa femme ? Une tendre complicité, le pilier de sa vie sans qui il n’est rien ; il est le premier et unique amour de sa vie ainsi que le père de leur enfant

Il est drôle malgré lui, dans ce qu’il dit, dans ses certitudes et convictions. Je ris souvent intérieurement en sa présence ou bien aprés coup quand je me retrouve seul à penser à notre déjeûner.

Mais voilà quelques mois que Jean-Marcel m’intrigue . A y bien réfléchir c’est depuis qu’il s’approche du 5 suivi du 0.

Je vais vous narrer nos deux dernières sorties déjeuner et vous me direz ce que vous en pensez.

Quand J.M me fixe une heure de rendez-vous, je suis à coup sûr de son retard ; une véritable star de plateau. Par contre si j’ai le malheur d’arriver ne serait-ce que 5 mn aprés l’heure du rendez-vous mon portable n’arrêtera plus de sonner… submergé de messages inquisiteurs.

Pour situer, J.M se restaure de tout temps en terrasse, bien en vu, et toujours face aux chalands. Nous nous installons comme d’habitude chez « DINA LA LOOKEE ». Je vous parlerai de Dina plus loin. Cà vaut son pesant d’ or. Dina est tellement déjantée qu’en la regardant simplement dans les yeux on peut y lire son traitement. Mais je vous la réserve au chaud ; un peu de patience !

Donc, J.M commence par me raconter ces dernières frasques.

Au sauna, où il se rend chaque lundi, il a levé successivement les quatre plus beaux du lieu. J.M est une bête de sexe insatiable. En rêve peut-être car les fois où je l’ai accompagné, je l’ai vu attendre en vain, ou partir avec des gens somme toute quelconque.

J.M s’interrompt quand un jeune serveur, que nous n’avions jamais vu auparavant vient prendre notre commande. Il nous récite les plats du jour ou nous propose la carte. J.M se recule dans sa chaise, se penche, une main se frottant le menton, l’autre sur la hanche, prend un air interrogateur et demande :

– « Qu’avez-vous en méloko ? »

Le serveur interloqué reste coi et quant à moi je m’esclaffe en pouffant de rire en demandant :

– « Quel est ce plat ? Africain peut-être ? ».

J.M affligé par ma remarque me rétorque d’un air supérieur :

– « Mais non ! Je parle de mets locaux en deux mots »… Et s’appesanti sur une explication qui n’en finit pas. Le serveur excédé met fin à cette rhétorique en disant

– « Deux menu alors? »…

– « Oui et une demi carafe de vin ».

Toujours sans surprise : rouge le vin. Nous avons nos habitudes, surtout J.M. Le serveur s’éloigne et un silence réprobateur suit Pas pour très longtemps car J.M me lance :

– « Dieu, s’en devient gênant ! »…

– « Quoi ? ». J.M prend un temps avant de me répondre à voix basse, avec un air conspirateur.

– « Le jeune homme à la table derrière me dévore du regard ».

J’attends quelques secondes, et fais un tour d’horizon en me retournant. Le jeune homme en question ne semble pas faire cas et semble absorbé par sa conversation avec ses voisins de table et surtout par son boudin purée. Le serveur amène les plats. JM prend un air emprunté et demande à ce dernier comme une évidence :

– « S’il vous plaît ? Pourriez-vous m’apporter de la fleur de sel de Camargue ? » le serveur reste perplexe et dubitatif . Il repart désemparé, dans l’entrelas des tables en formica et serviettes en papier. C’est alors que J.M dans un souffle me lance à brûle pourpoint :

– « Je n’arrête pas de me faire mater … et même par les femmes ». A ce moment précis, mes yeux pourrait trahir ma pensée : mais oui J.M tout le monde est à tes pieds. Tu es le plus beau !

Mais je réponds :

– « Ah bon ? »…. Je pense : oui, comme on regarde un kakatoës sorti de la forêt amazonnienne. Jusqu’au printemps dernier, J.M telle la veuve corse était toujours de noir vêtu. Depuis, le ramage de l’oiseau est des plus bigarré.

Nous mangeons, J.M parle de voiture, de sape, de sa fille, avant de me demander

– « Et toi ? »…
- « Je viens de tourner un petit rôle dans un film ».
J.M détourne le regard, fronce les sourcils, prends un air lointain avant de se remettre en lumière. Le serveur vient nous proposer dessert ou café.
- « Café pour moi »…
- « Moi également »…
- « Ah ! Comme café : arabica évidemment ? Non, parce que je trouve le robusta trop amer ».
Je n’en croit pas mes oreilles ; mais qu’est-ce qu’on lui a fait à mon J.M. D’où il revient ? Dites moi qui il fréquente ? J’hallucine…
- « Le garçon annonce nous avons du MALES AND GO ! »…
- « Parfait ! » Assure J.M d’une oeillade gourmande ! Une fois les talons du serveur tournés J.M me dit :
- « Pas mal ce petit serveur finalement ; tu as entendu l’allusion appuyé sur leur marque de café ? Je suis certain de lui avoir tapé dans l’œil »…
- « Je n’ai rien remarqué, mais si tu le dis… ». Moi qui ne voit jamais rien dans le domaine subtil d’échanges complices de regards, qui pour certains experts comme J.M en disent long. Je m’aperçois que le regard de J.M prend la couleur du chasseuret me dit :
- « Regardes moi ce qui passe ! Au pieu tu leur grattes l’oignon et çà grimpe au plafond ».
Là c’est l’estocade. Je ris du bout des lèvres, un rien offusqué d’entendre cette remarque de la bouche de J.M. Je règle l’addition ; c’est mon tour. J.M laisse un pourboire conséquent. Et nous partons car J.M doit passer prendre des dosettes de café chez Nazespresso.
Nous remontions une des rues piétonnes pour nous rendre chez Nazepresso, quand J.M m’entraîne chez Marionnette.
- « Mais J.M tu m’y as traîné le mois dernier pour acheter un flacon de Blues grand modèle… Ne me dis pas que tu n’en as plus ? ».
- « Chez moi le parfum çà ne tiens pas ! Si je n’en mets pas je me sens comme nu ».
Ooups ! C’est le bouquet ! Rebelote mon J.M recommence comme le mois dernier à me faire sentir tous les effluves qu’il connaît déjà que trop bien car :
- « Morphine je le portais quand j’étais jeune ! ».
Et vlan une bandelette imbibée qui me tombe sous le nez :
- « Sens ! ».
- « Mais je connais … ».
J.M est déjà plus loin où il vaporise Mec. J’approche, et il me tend déjà la bandelette.
- « Non, çà c’est plutôt pour l’hiver ! ».
Mon feu follet en pleine frénésie, se trouve déjà devant le présentoir de la marque Rapideau, en tire un flacon d’Oxygène pour…. Je le coupe net dans son élan.
- « Mon J.M tu es bien gentil, mais là stop ! Le parfum comme pousse café, non merci ! En plus après avoir senti deux parfums moi je n’arrive plus à rien sentir, alors la course au parfum frais de l’été… ».
Je me retiens d’ajouter qu’il y a un à peine un mois, je subissais le même parcours du combattant. Pas défait pour un sou mon J. M alpague le premier vendeur venu pour lui demander :
- « Bonjour, qu’avez-vous comme parfum d’été, s’il vous plait ? ».
- « Alors, nous avons Pimento y Palazzo, très frais, très léger, très… ».
Mon J.M l’arrête nette au milieu de sa tirade et dit :
- « Non je l’ai eu porté et sur moi il ne tient pas. ».
Quand J.M veut se donner un air supérieur il emploi toujours l’imparfait du subjonctif. Et blablablabla…
- « … Vous croyez ? Hum ! Pas trop capiteux pour l’été ?… ».
Ou encore pour tel autre :
- « Trop commun, trop porté ! ».
Aussi passionnant et capital comme conversation que : ma mémé fait du point crochet, et la mienne de la maillette. Ma tata du lapin en sauce, et la mienne des tripes à la mode de Caen… De connivence les poupées ! Après 25 minutes passées en délibération pour trouver le parfum le plus frais mon J.M opte pour :
THE WINNER IS … Roulement de tambour… Silence dans l’assistance… « Palam ! » Je vous le donne en mille : le parfum du mois précédent : Blues (ouin, ouin, ouin, ouinnnnnn) Disapointed je fus, voir anéanti ! J’en étais encore a repensé à ce que je venais de subir quand mon J.M me passe devant et me dit :
- « On y va ? ».
Déjà à la sortie du magasin, où il retenait la porte en scrutant en ma direction, sourire au coin des lèvres. Pas pour moi évidemment mais pour le petit vendeur.
- « Tu as vu la poupette ? Je ne dirai pas non … ».
- « Ouais bof ! Pas un peu coiffeuse ton millefeuilles ? … ».
- « Tu crois ? Oh, pour mon quatre heure…. J’irai refaire un tour dans les parages un de ces quatres… ».
- « Oui et bien sans moi ».
Je ne me suis pas parfumé pendant une semaine. Traumatisé. Oui, traumatisé ; je fus atteint de l’odoramarionnettephobie.
Nous, nous dirigions vers Nazepresso quand J.M m’annonce que pour le mariage auquel il est convié samedi en quinze il n’a pas trouvé la veste coordonnée au pantalon qu’il venait d’acheter la veille car le magasin n’avait plus sa taille. Nous avons cherché sur les devantures des magasins de vêtements la marque jeune et branchée : Mercure. Nous trouvons, entrons et sommes d’emblée assourdi par une musique technoïde au décibel trop haut où se masse une faune de jeunes gens stéréotypés à la mode du moment, en pleine frénésie d’achat du t-shirt, pantacourt, ou autre vêtement top mode. Je me sens décalé, trop vieux complètement à côté de la plaque tandis que J.M se déplace comme un poisson dans l’eau jusqu’à parvenir au portique où se trouve suspendue la veste convoitée. Il choisit évidemment un vendeur :
- « Vous avez ce modèle taille 48 ? ».
- « Bien sur Monsieur, je vous la décroche. Vous permettez ? ».
J.M enfile la veste et se tourne vers moi :
- « Qu’en penses tu ? ».
- « Pas mon style ! ».
Tu parles Charles ! Le tien non plus ! Un vieux beau ! Dans le dos de la veste est inscrit en mousse surpiquée « J’SUIS UNE STAR». Sur le devant, et sur les manches sont piqués des logos de couleurs flashis. Très jeune, très frais, aurait pu dire le vendeur. Comme la fait celui de chez Marionnettes d’ailleurs
- « Tournes toi ? Pas un peu trop juste ? ».
- « Si je peux me permettre une taille au-dessus peut-être ? ».
Dans l’œil de J.M je peux comprendre que la suggestion n’est pas la bienvenue mais de mauvaise grâce J.M accepte de passer la taille au dessus.
- « Pas mal non ? La couleur est sympa non ? ».
J’acquiesce de la tête. La couleur oui : une sorte de gris mastic mais les logos ? La forme ?
J.M passe la veste. Se tourne, se retourne. Ferme la veste, l’ouvre, la boutonne, les mains de les poches,… Voilà qu’il se prend pour un top modèle. Pivote le haut de son buste à 90°. Se mire dans une psyché. Se mire, s’admire. Pour conclure :
- « Pas un peu trop large ? ».
- « Passez donc un sous pull ? ». Propose gentiment le vendeur compatissant.
- « Ah non alors ! Vous ne me ferez pas passer un sous pull en cette saison ! ».
- « Mais Monsieur, il est en coton et fait pour l’été ! ».
- « N’insistez pas ! Je ne le passerai pas, un point c’est tout! ».
Ou là ! Mon J.M, mais qu’est-ce que tu me fais ? Tu essaies de t’affirmer ? Il me semblait que tu n’avais pas besoin d’agir style capricieux agacé pour le faire !
- « Finalement je vais prendre la taille 48″.
Trop cintré, trop juste mais bon ! C’est comme le pantalon en lin que J.M a acheté la semaine passée. Trop serré. Je lui ai pourtant dit :
- « J.M le tissu du pantalon te rentre dans la raie des fesses ».
- « Tu crois ? Je manque de fesses et çà les met en valeur. Quand tu n’as pas de fesses, il faut toujours prendre une taille de pantalon au dessous ».
Oui, style moule burnes.
- « En, plus çà met le muge en valeur et les mecs mates se genre de détail ».
- « Le muge ? ».
- « Tu ne connais pas ? ».
- « Non ? ».
- « Le poireau, la bite ? ».
- « Mais c’est quoi çà le muge ? ».
- « Un poisson de méditerranée ».
Je m’esclaffe de rire :
. – « Toi alors !… ».
J’y crois pas. Il a même pensé à çà ! Il faut dire que dame nature a été plutôt avantageuse de ce côté de la ceinture.
Pour revenir à l’achat de la veste, J.M la règle. Merde alors ! Me dis-je au vu du prix qui me parait exorbitant. Mais c’est à chaque fois l’effet quand J.M me traîne dans l’achat de ses emplettes.

Nous repartons pour nous diriger directement chez Nazepresso (la boutique des bobos qui se veulent élitistes : c’est cher, tu fais la queue pour être servi, et en plus je ne vois pas en quoi le procédé est des plus pratique. Cerise sur le gâteau je ne trouve pas leur mouture des plus exceptionnelles. Mais çà fait bien de dire je vais acheter mes dosettes de café chez Nazepresso. Quel coup de marketing génial tout de même ! Il y a foule !

La rencontre.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Mais avant d’aller plus loin, il faut tout de même que je vous raconte comment j’ai rencontré JM.

Oui, à l’époque j’étais un peu désoeuvré, seul, et nouvellement débarqué sur Marseille. Je pris donc la solution la plus :

. facile (il suffit de taper sur un clavier numérique),

. pratique (sans bouger de chez soi),

. rapide (enfin je croyais),

. et discrète pour faire des rencontres.

Mais aussi je l’appris à mes dépends (en recevant 1 mois plus tard), la PLUS onéreuse, la PLUS douloureuse, et la PLUS honteuse de toutes mes factures de téléphone,… Et tout çà pour satisfaire mes basses pulsions. J’ai parfois honte…

Donc je passe mon annonce, euh ! Plutôt mon pseudo  : simple mais très ouvert ; question stratégie ,afin d’avoir  un maximum de réponses et faire mon choix (doué pour un novice du réseau téléphone non ?).

DonC : « Mec 33 ans cherche mec ». Je valide.

Et question réponse je fus servis…. Un petit florilège de pseudos et leurs cohortes de réponses qui me viennent à l’esprit :

- « Mec marié, viril mais très femelle au lit »…. (voix posée et virile) : Bip :

. « Salut mec, moi marié 41 ans viril, bien foutu pour jeux de gode sans retenue… Toi où, comment ? Tu recois ? »

- « Sandra, aime les sous-vêtement de sa femme »..(voix d’homme efféminé, monocorde, et douce) : Bip :

. « Slt, marié, passif,  je te reçois en toute discrétion, je porte les sous-vêtements de ma femme… »

- « Karim, rebeu, beau mec à dispo »… (voix de jeune homme, sèche et directe…) :

. « 26 ans, mate de peau, 1m80, 74 kg, bien foutu, bien mont é 20*6 à dispo, je me déplace…) » A dipo en fait çà veut dire et je l’apprendrai beaucoup plus tard : à louer.

Bref ! Puis le pseudo :

- « Mec bi, 34 ans, bien monté, cherche mec »… Bip :

. « Salut ! Jean-Marcel, bi, 34 ans, 1m85 78 kg, belle gueule pour plan sympa et toi ? »…

Et moi de répondre : « Salut…. blablabla… Blablabla… ok chez moi dans une demie-heure. »

J’ouvre la porte et…. Ohhhhhh ! Le menteur me dis-je. 34 ans ? OHHHHH…..

JM   : « Salut ! »

Moi : « Salut ! Entre. Assieds-toi !

JM   : « Tu as l’air surppris ? « 

Moi : (d’une voix mal assurée et un rien déconcerté)  : « Non, non, pas du tout ! Pourquoi tu dis çà ?… »

Cà sentait le mensonge à plein naseau ; mais quel bécasson j’étais quand j’y repense. Un vrai niais. Je n’osais pas dire quand çà ne me convenait pas ; d’ailleurs je vous en raconterai des rencontres… Epiques…

Moi : « Tu bois quelque chose ? »

JM  :  » Non, merci ! Et si on passait directement à la chambre… »

Je n’ai pas osé dire non, bien que le « 34 ans » me soit resté en travers de la gorge. JM m’avouera  par la suite que toutes ces conquêtes, quand il leur annonçait ces 44 ans, n’en revenaient pas. Alors me dit-il autant dire d’emblée 34…

C’est une coquetterie très usitée sur le réseau. Mais certains peu raisonnables sur le nombre d’années occultées, deviennent de véritables escrocs. (40 annoncé font 60 à l’arrivée). Attention aussi aussi au : « Mec la quarantaine » Un conseil : zappez.

Bref ! J’ai du faire 4 ou 5 plans avec JM. C’était plutôt bien. Très soft. Mais allez savoir pourquoi, on a déjeuné une fois ensemble. Et on est devenu ami. On a continué nos déjeuners sans le sexe, remplacé par ses confidences. Il ne restera pas très longtemps au stade des chastes baisers et caresses que nous avions échangés…

Voilà comment j’ai rencontré JM. Pour moi ces pauses déjeuners sont une source intarissables de drôlerie intérieures. Je vous raconterez quelques uns de ces fameux déjeuners. Mais vous croiserez aussi Mariette, Daniel, Did,Gina, Alain et bien d’autres….

Notre premier déjeuner…

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Je ne sais plus qui a téléphoné le premier, toujours est-il que nous avions convenu de nous retrouver sur la place du Général de Gaulle, à la sortie du parking souterrain, près du caroussel.

Ah ! Comme on en ai au parking soutterrain ; une apparté ; côté voiture, à l’époque c’était :

Golf III, (une noire puis…une noire).

Puis Golf IV (une noire, une noire et une …..noire).

Puis Audi ( je lui en ai compté quatre. Noires ? Non ! Pas du tout. Pour la dernière : une frivolité : gris anthracite….).

Enfin Monsieur est passé à BMW :

Z1 l’année passée, mais elle n’a fait que 5 mois : trop cheap, trop petite, trop,trop ,trop… de défauts pour mon JM. Alors il a pris une série 3, qu’il vient de changer contre une série 3… mais coupée. Toutes 3 noires… Toutes 3 à croum, et toutes en version diesel.

12 h 15, JM était déjà là. Pontuel.

Coupe en brosse (invariablement), il était habillé  d’un jean, d’un t-shirt blanc (déjà très près du corps), sous une chemise Timbarlend ouverte, chaussé également de Timbarland, et à la main un cartable marron griffé de la même maison.

Très mec… Peut-être trop d’ailleurs ; stylé bûcheron, avec une touche intello : the bag touch). Cà serait aujourd’hui je dirai en voyant le JM de l’époque, d’un Mmmmm intero-affirmatif : « Il en est ».

D’une voix grave et posée, avec un fort accent marseillais :

« Salut Cyrille » tout en me faisant la bise, ppppppp, pppppppp (je n’en avais pas trop l’habitude mais dans le sud çà bisoucaille à toute occasion).

« Salut JM….Tu attends depuis longtemps ? »

« Non, je suis là depuis 5 mn. Je me fais un point d’honneur à toujours arriver en avance pour un rendez-vous ». (J’aurai du l’enregistrer ; car comme vous avez pu le lire auparavant, la ponctualité ne fera plus parti de son vocabulaire).

« Où va t-on déjeuner ? »

« Je connais une brasserie rue Avso »

Arrivé là, je ne connaissais pas encore l’oiseau mais en y repensant, le belâtre, s’était placé stratégiquement face à l’entrée du restaurant. (non JM n’avait encore décrété qu’il fallait manger en terrasse et en toute saison).

Nous échangeons quelques banalités, avant de nous « raconter ».

Une fois la commande prise par le serveur, j’attaque par la question que je posais systématiquement à toutes mes rencontres masculines.

« Tu pratiques les mecs depuis quand ? » J’ai baissé la voix au moins de deux tons pour ne pas me faire entendre de nos voisins de table.

« Ah !?… Depuis pas mal de temps déjà. » JM aussi. Enfin pas exactement : 3 tons au dessous.

« Avant ton mariage ? »

« Oui, mais juste une ou deux furtives aventures d’adolescent… Du touche-pipi (expression consacrée par JM). En fait la première réelle aventure c’est à l’époque où Nicole, était enceinte de Mortisia (leur fille que j’ai rebaptisé ainsi, car il vous suffit d’imaginer une sorte de croisement entre une pseudo gothique anorexique pour la carosserie et un pitbull arriviste pour le disque dur : et la mémoire vive ? Cherchez pas y’en a pas !!!).

Une histoire qui a beaucoup comptée pour moi. Il s’appelait Luc. Je l’avais rencontré dans le cadre de mon travail. J’ai failli tout foutre en l’air pour lui. Quand j’y pense… Pour le rejoindre la nuit, j’attendais que Mariette enceinte de 9 mois s’endorme, et je passais par la fenêtre de notre chambre. Jusqu’au jour où je me suis fait pincer par Mariette. »

« AH BON ? Mais ta femme savais pour toi ?

« Oui et non »

« Cà veut dire quoi çà ? »

« Cà veut dire qu’elle m’a pêché dans une boîte… »

« Pffffffffffffffff »

JM me fusilla du regard : « Pourquoi tu rigoles ? »

« Excuse-moi. Mais tu as dit « Elle m’a pêché en boîte… » J’ai pensé tout de suite à thon, sardine… C’est bête c’est vrai. Excuse moi encore » Je me suis senti mais……..tellement…..con »

« Mouais… » Puis silence…..

Après quelques longues secondes, je tente de rattraper le coup et dit d’un ton plein d’intérêt : « Cette discothèque existe toujours ? »

JM se ranime et sans rancune :

« Oui. Le « Tyson » près d’Avignon »… (J’esquisse un sourire. Avec ce nom, je visualise des braises et imagine un endroit aux portes de l’enfer, antre de la débauche et la luxure… Mais je me reprends tout de suite. Un incident suffira pour aujourd’hui).

« Et ??… Vous vous y êtes rencontrés ? »…

« Oui, j’étais avec un copain, elle avec des copines »

Je le coupe et lui dit : « Mais ta femme est lesbienne ? »

« Mais non !!! Pas du tout ! C’était le seul club de toute la région ouvert le lundi soir. On y croisait homos et hétéros… A l’époque je me cherchai et à a part les deux touches pipi je n’avais pas eu de relations sexuelles abouties. Mariette avait pris l’initiative de m’aborder et de m’offrir un verre. Neuf mois plus tard nous étions marié. J’avais 21 ans, elle 24. Puis Mortisia est né 2 ans après notre mariage. »

« Et Luc alors ? »

« Quand Mariette m’a pincé à 3 heures du matin au retour de mon escapade. Elle ne m’a rien dit ; juste regardée. Mais je crois qu’elle avait compris. Nous n’en avons jamais reparlé. Mortisia est née le lendemain soir. Le jour suivant j’ai revu Luc pour la dernière fois… »

« Ahhhhh ! Et après ? »

« J’ai réfreinné mes pulsions pendant 3 ou 4 ans et puis j’ai recommencé à draguer »

J’avais plein de questions à lui poser mais nous n’étions pas suffisamment intime pour le faire.

« Et toi me demanda t-il ».

« Ah ! Moi ? »

J’ai baclé mon « cursus » en 2 bla bla. Nous en étions à la note et décidions de régler les additions chacun à tour de rôle au grès de nos déjeuners.

Dina la lookée.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Ahhhhhhhhhh !!!!! Dina ! Dina ! Dina !

« DINA LA LOOKEE » est un restaurant de spécialités italiennes.

L’endroit se trouve au croisement de deux rues piétonnes dans le centre de Marseille. Un endroit stratégique pour le prédateur qu’est JM.

Derrière une terrasse de taille honorable, surplombent deux vitrines ; de parts et d’autres deux portes vitrées par lesquelles vous accédez en montant deux marches.

Le restaurant est en fait la réunion de deux salles d’une cinquantaine de mètres carrés chacune. Deux ouvertures ont été crées dans le mur porteur qui les séparait (certainement une coïncidence, mais tout marche par deux ou presque chez Dina).

Vous entrez dans un endroit lumineux aux murs couleur coquille d’oeuf ; accrochés aux murs quelques grands tableaux figuratifs de couleurs à dominante bleue ou rouge. Le plafond est très haut (Dina en profitera pour y construire quelques mois plus tard une mezzanine).

Au fond du restaurant, sont installés d’un côté un linéaire de vitrines réfrigérées pour la vente à emporter, et les desserts ; et de l’autre un comptoir avec en bout la caisse. Et derrière le mur les cuisines.

Dans la salle, des tables bistrots  très rapprochées les unes des autres.

Pour s’asseoir, des chaises à l’assise en plexiglas de différentes couleurs acidulées.

L’endroit est pour l’époque plutôt branché avec une clientèle hétérogène. Conditions réunies pour satisfaire JM.

Bref, nous entrons et une file d’attente composée d’une bonne dizaine de clients devant nous est formée. Nous bavardons de choses et d’autres quand je suis interloqué par une voix « féminine » de stentor :

« Chaud devant ! »

Médusé, je survole la salle afin de repérer cette amazone.

Mon regard se posa sur une grande fille énergique qui servait 3 assiettes ; mince, bien faite, plutôt athlétique, brune aux cheveux courts, habillée d’un jean, un gilet en coton beige à fines rayures blanches sur un chemisier écru à l’échancrure généreuse.

Lorsqu’elle se retourna pour se diriger d’un pas décidé en cuisine, je vis un visage souriant à la peau halée ; une bouche pulpeuse, des dents blanches et régulières ; un nez acquillin, des yeux et sourcils noirs.

Une belle italienne, sans artifice, à la petite quarantaine.

Quand se fut notre tour c’est Dina qui nous installa en terrasse à la demande expresse de JM.

Nous commanderons des lasagnes (délicieux). Accompagnés de 3 feuilles de salade que la bonne conscience de JM appréciera. J M et ses certitudes : « C’est bon pour la digestion ».

Pas de : « C’est pas bon pour le régime » pour le tiramisu qui finira le repas.

JM et ses régimes à base de substituts de repas : Slimrapido.

Capable de déjeuner d’un sachet de Slimrapido, et qui à l’heure du goûter ingurgitera un sachet XXXL de boules coco et d’une boîte des fameux oursons Hariba… Juste pour préciser la taille du conditionnement : JM se sert chez Metra (grossiste alimentaire).

Le café finit, Dina nous offrira un verre de Grappa (en observant les tables voisines, nous constatons que nous sommes les seuls à profiter de cette délicate et peut-être commerciale attention…???).

Pour régler chez Dina, il faut se diriger vers le comptoir où repose la caisse enregistreuse et le terminal des cartes-bleues.

Pendant que je composais mon code secret, Dina nous demanda si nous étions satisfaits. Nous répondîmes par un oui enthousiaste…. Et Dina à l’oeillade engageante et le sourire avenant nous dit :

« En espérant vous revoir très bientôt les garçons ».

Oui, nous y reviendrons régulièrement chez Dina au point que très vite, à chaque fin de repas, elle s’assiéra à nos côtés pour s’épancher sur les aléas de sa vie…

Dina la toquée.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Comme un rituel, avant de nous rejoindre elle passait derrière le comptoir prendre son paquet de Silk Cut.

Une fois assise à notre table, Dina sortait du paquet une cigarette qu’elle allumait.

Elle étendait alors ses longues jambes sous la table, inclinait la nuque en arrière, ramenait la cigarette à ses lèvres, et elle tirait une longue bouffée, tout en fermant les yeux.

Cet intermède durait peut-être dix ou quinze secondes, mais quand elle revenait à nous, et rouvrait les yeux, Dina avait sur le visage une expression d’extase. Bien que les hommes soit devenus pour moi mon terrain de jeux, c’est à ce moment là que je fus charmé par Dina.

« Mmmmmm ! Que çà fait du bien ! »

« Alors les garçons comment allez-vous ? »

« Bien ! Et toi ? »

Très excitée : « Oh… La routine excepté que ma fille me rend chèvre. »

« Certainement comme la mienne » répondit JM.

 » Tu crois ? Je suis sur les nerfs. J’ai pris un demi lexo ce matin pour me calmer. Elle me rend dingue cette petite garce. Elle est rentrée cette nuit à trois heures du mat. Sèche les cours. Pique du fric dans mon sac, mes cigarettes… Fume les joints que je nous réserve quand on sort en after le week-end.  Sans vous parler du reste… »

Je pensais : « Non Dina ; pas le reste tu commences à me faire peur. »

Tant qu’ à JM : interdit, il me regardait avec des yeux aussi ronds que des boules de billards.

« Ah mais « Tu as une fille aussi ? » s’exclama Dina

« Euh ! Oui, j’ai… ». Jm avait l’air ahuri.

« Mon pauvre…  Je compatis. »

En comparason la fille de JM aurait pu passer pour une oie blanche.

Dina reprend : « En plus ce n’est pas le moment, je suis MORTE. Diane et moi avons fait la fiesta tout le week-end. »

Pour une morte elle avait une sacrée énergie. Certainement les ecstas du week-end passé faisaient ils encore leurs effets.

Dina s’étendait sur les dificultés d’être une mére célibataire.

 » Blablabla ,blabla, blablabla…. « 

Elle acheva son discours par :

« Heureusement pour compenser il y a les plaisirs de la vie: une bonne bouffe, la fête, des p’tits joints, et une bonne baise… Je suis très libre, très ouverte… d’esprit. Pas vous les garçons ?

Je répondis par un sourire entendu pour me donner bonne figure.

Tant qu’à JM, il avait l’air coincé. Il bredouilla un : « Je ne sais pas, je suis marié… »

Dina avait flairé son malaise et lui dit :

« Aller, JM ne me la fait pas ! Une bonne bite ou une bonne chatte, non ? »…

Mal à son aise et surtout peur d’être découvert JM dit :

« Oui, peut-être. Tous les goûts sont dans la nature ».

« Et toi ? » me demanda Dina.

Je fermai la conversation et lui répondis :

« Tu es une vraie épicurienne Dina »

« Oui, c’est çà. C’est ce que je me dis tous les jours »

Fin de la conversation. Fin de mon émoi pour Dina.

Au cours de nos déjeuners Dina s’était présentée comme la mére d’une adolescente de 16 ans. Le père ? Ou devrais-je dire le « géniteur », était absent ; car Dina en amazone accomplie, n’avait gardé aucun lien avec lui, si c’est celui auquel elle pensait. En plus d’être mère célibataire, Dina était une battante : elle avait monté avec son associé ce restaurant, ainsi que l’autre près du port.

Puis un jour elle nous dit, qu’elle en avait assez de Marseille. Qu’elle allait tout vendre. Partir pour Milan et ouvrir un concept restaurant, boutique, dance-floor…

La fois suivante, Dina n’était plus là.

J’appris par « son associé » que la Dina s’appelait en fait Corinne. Que la dite associée avait été mise à la porte en tant que serveuse.

Oui elle était bien une mére célibataire, oui elle faisait trop la fête, oui elle était un brin mytho. et oui elle était complètement déjantée.

J’avais quelque temps sublimé la belle italienne que j’avais pris pour une Ferrari.

C’était en fait, une vulgaire Seat Toledo au kilométrage incertain, dont plus personne ne voulait une fois essayée.

Peu de temps après, le restaurant fut vendu et marqua la fin de nos dejeuneurs chez « DINA LA LOOKEE ».

A l’occasion de notre dernier repas chez « DINA LA LOOKEE », les nouveaux acquéreurs nous dirent que l’ancien propriétaire s’était exilé à Milan pour vraiment ouvrir le dit concept-restaurant.

Je n’ai jamais recroisé Corine allias Dina.

Quant à JM et moi nous sommes partis prendre nos repas dans un restaurant du cours Julien sur les conseils de mon ami Did.

« Il m’a c… dessus ».

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Je téléphone à JM.

Une fois les échanges, des salutations et politesses d’usage dites, je propose à JM un nouveau lieu pour nous restaurer :

« LES DAMES DE L’ASTRE GOULU » (tous les endroits et marques cités existent ou ont existés. Comme vous avez pu le remarquer je les paraphrase…).

« Ah…!  C’est où ? ».

(Je pense : mais réfrène ta joie mon JM, quel entrain…)

« Cours Julien ».

« Cà craint pas un peu là-bas ? ».

« Absolument pas ! La place a été rénovée c’est même plutôt sympa. Il y a pas pas mal de resto. avec de belles terrasses »

C’est vrai que mon JM n’a pas tout a fait tord. Par le passé c’était même un endroit plutôt mal famé. Mais le lieu a été réhabilité par la volonté de la mairie. Des boutiques et restaurants se sont installés. Un parc d’enfants a été ouverts, les fontaines remise en eaux, les sol repavés. Et l’endroit est interdit aux voitures.

« Bon ok, rendez-vous là-bas 12h15″.

Une fois retrouvés nous nous installons en terrasse. Il fait beau, nous sommes mi-avril. L’endroit est vraiment très agréable.

« Alors mon JM, comment tu trouves ? »

« Ah oui. C’est bien. Pas mal de monde en plus. J’ai repéré deux ou trois loulous. Franchement bon choix »

« Ah ! Tu vois…. Alors quoi de neuf ? »

« Rien de spécial. La routine. »

« Des rencontres sympa ? »

« Mmmmmhhh »

« Cà veut dire quoi çà. » Ma curiosité était piquée à vif.

« Raconte !…  Aller ! »

« Je sais pas. C’est glauque ce qui m’est arrivé ! ».

« Je te jure, çà ne sortira pas du département »

« Bon… Avant-hier, comme il n’y avait rien de bien fameux au sauna, j’en suis parti vers 18 heures et avant de rentrer je me suis arrêté sur l’aire d’autoroute… »

« Aller, tu dragues sur les aires d’autoroute ? Mais tu n’as pas peur de te faire repérer par quelqu’un de ton entourage ? »

« En principe, j’évite. Mais j’avais trop envie. Et puis même, si quelqu’un que je connais m’y vois je pourrai toujours dire que j’y étais pour pisser ».

« Cà craint quand même… ! Et alors ? »

« Je me gare, il y avait quelques voitures et un semi-remorque.

Je vais aux chiottes. Il y avait deux mecs. Un de dos qui se lavait les mains : pas mal, bien foutu. L’autre un vieux, qui tournait.

Je vais pisser. Je ressors pour aller vers ma voiture, quand j’aperçois le beau mec. Il était devant la portière de son bahut, et me souriait.

Mmmmmm un routier. Ni une, ni deux je me dirige vers son camion. Pendant ce temps, il grimpe dans la cabine et laisse la porte ouverte.

Je monte à mon tour.

Il était allongé sur sa couchette.

Je lui dis salut et me il répond avec un fort accent allemand : salutéééé.

On commence à faire, nos petites affaires. On se retrouve vite à poil. A un moment donné il se retrouve sur moi accroupi et me pose une question en allemand. Je croyais qu’il me demandait s’il voulait que je le prenne. Alors je lui ai répondu ravi : Ya ! Ya ! Et là… LE cauchemar. »

« Qu’est-ce qui c’est passé ??????? ».

Je m’attendais à tout…

J’imaginais déjà que le camion avançait tout seul, ou qu’il y avait une descente de police, ou pire encore que la femme de JM en furie, était en train de défoncer la portière du 38 tonnes…

JM poursuivit :

« Eh bien… Rien que d’y penser j’ai envie de gerber… Cà me dégoûte…! »

« Mais quoi ?…. ALORS ? »

« J’ai toujours l’impression d’avoir sur moi cette odeurrrr… (avec un haut-le-coeur). Enfin tu vois!… »

« Excuses-moi. Je suis nul mais je ne vois toujours pas »

JM inaudible :

« Il m’a c…….. sus »

Criant presque : « Quoi ? »

JM irrité que je ne le comprenne pas à demi mots, me dit à voix basse les dents serrées :

« IL M’A……. CHIE DESSUS… »

D’un coup je me suis reculé dans le fond de ma chaise, tout en portant la main à la bouche.

Je suis resté quelques secondes stupéfié par l’horreur de la situation. Je regardais JM tournant la tête de droite à gauche, et de gauche à droite.

JM : « Oui je sais c’est dégueulasse, eurk… »

Puis, je fus pris d’un faux rire inextinguible. Je pris la serviette de table et enfouis mon visage dedans. J’étais en larmes. J’étais secoué de soubresauts. Mes abdominaux me faisaient horriblement mals, brûlés par la douleur.

La patronne amena notre commande et demanda inquiète si tout allait bien.

JM pincé lui répondit :

« Ne vous inquiétez pas. Tout va bien »

Tant qu’à moi, toujours le visage dans la serviette je balançais la tête de bas en haut pour la rassurer

J’essayais en vain de m’excuser auprès de JM… Mais j’étais à chaque fois repris par le fou rire.

Après quelques minutes, je me confondis en excuses.

Pour me dédouaner de mon comportement, j’invitais JM d’office.

Toujours pris de rires nerveux, je demandai à JM de finir tout de même son histoire.

JM de bonne grâce poursuivit :

« J’ai remis mon slip, mon pantalon, mes chaussures, pris ma chemise et ma veste du bout des doigts en évitant de les souiller, et je suis parti en courant me rincer au lavabo des toilettes.

Comme j’étais mal !…

Des gars étaient là.

Je sentais leur regard dans mon dos pendant que j’essayais de me rincer à l’aide de Kleenex mouillés…. L’HORRRREUR ! Tu peux pas savoir Cyril, c’est horrible !

NON !!!!…

Je ne PEUX.

Surtout : je ne VEUX PAS SAVOIR, conjuger ces verbes à tous les temps du futur pour ne pas revivre une telle situation.

JM continua :

« En ressortant des chiottes, ce connard était devant ma voiture en bredouillant des « Ezcousez moi ». J’ai failli lui foutre mon poing dans la gueule »

Je ne te dis pas comme j’étais mal quand je suis rentré à la maison.

Heureusement, que Mariette n’était pas là quand je suis arrivé.

J’ai du passé une demi-heure sous la douche. Depuis, j’ai toujours l’impression de porter cette odeuurrrrr…. »

Quand on sait que JM se sent « nu sans parfum »…. Là il est habillé pour trois saisons….

JM n’avait presque pas ou peu touché à son repas.

Moi également mais pas pour les mêmes raisons…

Une fois la note réglée, nous sommes partis déambuler devant les boutiques alentour. J’ai essayé de faire oublier à JM ce fâcheux épisode, dont nous ne reparlerons jamais…

Le radar de JM.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Nous resterons fidèles aux dames de l’astre goulu durant presque deux ans »….

Dames ?… Les propriétaires étaient deux amies. Deux associées, qui après avoir vendu leur restaurant près de Montmartre avaient comme beaucoup, été attirées par le soleil de Marseille. Ces filles d’une cinquantaine d’années, étaient présentées dans les guides « comme légèrement baba cool ». Pour moi, elles incarnaient la bobo attitude.

Leur restaurant ?  A l’entrée, des étagères en fer forgées supportaient des objets et produits bio, exposés à la vente.Des canapés et poufs très bas, entouraient des tables basses en zéliges. L’endroit était plutôt intime . Une impression certainement rendue par la couleur bleue Klein des murs, le choix de l’éclairage, et la petite superficie du lieu.

Nous comptions parmi leur premiers clients. Elles nous prirent en sympathie et se présentèrent plus intimement.

Mais avant qu’elles le fassent, JM avait déjà jaugé nos donzelles.

« Deux amies ?…Tu parles !

« Qu’est-ce que tu racontes ? »

« Mouééé…? Deux amies…? Deux gouines oui ! »

« Qu’est ce qui te fais dire çà ? »

« Une intuition. C’est mon radar qui me le dit »

AH !…. Ce FAMEUX radar que certains se targuent de posséder. Cet OUTIL infaillible… Heureusement pour nous qu’il n’équipe pas la flotte aérienne…

Moi : « N’IM…POR…TE QUOI… ».

« Mais Cyril, çà crève les yeux ! »

JM en plus d’être équipé de série, du fameux radar, a en option le :

« Il en est. Je l’ai vu je ne sais pas où, mais j’en suis sur, il en est… ».

Que répondre à çà, à part : « Où ? »…

En réponses on peut obtenir :

« Il est en photo sur Gaypics… » ou « Je l’ai croisé au sauna » ou « Cà tête ne m’est pas inconnue mais une chose est sure… : IL EST GAY ! ».

Est-ce une façon pour JM de se rassurer ? Comme sa croyance absolue que tout le monde le convoite ?.

C’est ce qui me plaît à penser. Ces certitudes me font jubiler intérieurement. J’en suis parfois à lui tendre des perches pour qu’il abonde dans ce sens.

Tout en dégustant, mon rouget accompagné de riz safrané je titillais JM :

« Et Clooney ? Tu crois qu’il est gay?

« Mais c’est sûr ! Ce mec pas marié qui dit se faire plein de gonzesses ? C’est pour démentir, c’est tout… »

« Mais toi JM, tu es marié et pourtant…. »

« MAIS c’est pas pareil ! »

Je constate : deux poids, deux mesures.

Bref, les dames de l’astre goulue se présenteront comme deux soeurs. L’une mariée depuis 25 ans et l’autre vivant une liaison avec un éditeur depuis 5 ans.

Un brin narquois : « Ah ! Tu vois mon JM faut peut-être penser à faire calibrer ton radar… »

Un brin vexé      : « Oui. Ohhh…. D’accord mais…. Mmmmm « .

Jusqu’au jour ou une des deux avouera qu’elles ne sont pas en réalité de vraies soeurs. Mais qu’elles se sentent comme telles car élevées ensemble.

Il n’en sufisait pas plus pour que mon JM exulte et revienne à la charge. Bien que nous ayons à quelques reprises aperçu leurs compagnons respectifs, mon JM persistera dans son idée première et n’en démordra plus.

Vainqueur         : « Alors ? Qu’est ce que je t’avais dit ? »

Résigné            : « Mais JM où veux-tu en venir ? Cà prouve quoi ? ».

Condescendant : « Mon pauvre ami… Mais tu n’as rien compris. Elles se gouinent. La preuve elles disaient être soeurs… Pouah ! Je l’ai tout de suite vu qu’elles ne l’étaient pas ».

Il aurait fallu être non voyant pour ne pas s’apercevoir de la supercherie. C’était comme-ci vous compariez une tasse en porcelaine de Saxe à une écuelle à cochon. Bien qu’un aveugle aurait eu aussi des doutes, tant les voix étaient différentes.

Insistant             : « A quoi t’as vu çà toi, qu’elles sont gouines ? ».

Suspicieux         : « Leur mensonge… Si c’est pas pour cacher qu’elles sont gouines ? ».

Peu convaincant : « Et leurs compagnons ? »

Sans appel         : « Et alors, je suis bien marié. »

Ce fut l’estocade de la mauvaise foi incarnée. Il y a bien chez JM : deux poids, deux mesures… C’est quand çà arrange la bête. Et contre çà, aucune démonstration ne pourra le faire changer d’avis.

Campés sur nos positions respectives, nous boirons nos cafés, sans pour une fois faire notre « vitrine-tour ».

C’est après cette période que JM connaîtra deux coups de foudre successifs qui le changeront profondément…

Carine.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Je me souviens que nous devions être en mai ou juin. Derniers moments de la saison où il est encore possible de déjeuner en plein soleil, sans que çà ne tourne à une séance de sauna…

Ce jour là je dois avouer que je n’étais pas très attentifs aux propos que me tenais JM. Nous en étions au café ; avachi dans un confortable fauteuil en fils de nylon tressés face au soleil,réchauffait par ses rayons, les yeux plissés par l’intense lumière, je badaudais du regard.

J’étais dans une semi torpeur agréable ; d’une oreille distraite, je captais par bribes des mots prononcés par JM :

** « ….ai….beau….Gaystar….Daniel….grand….coiffure….revu….fois….extra….pied….demain…. ».

Quand, en un éclair mon regard fut attiré par une forme noire qui, tel un rapace sur sa proie, piquait d’un pas décidé sur JM.

D’un coup, je me suis redressé de mon fauteuil. JM assis face à moi, surpris par ma réaction fit volte face et se leva. Il embrassa la forme noire, se retourna vers moi, et s’écarta pour me présenter…. Carine allias Mortisia : sa fille.

Les présentations faites, Carine s’assis mais ne resta guère plus de 3mn en notre compagnie. Il était presque 14h et devait rejoindre son lieu de stage situé à deux pas du cours Ju.

Une fois partie, je livrais à JM les impressions que m’avait laissé sa fille :

- « Quelle âge a t-elle ? »

- « Bientôt 20 ans »

- « Oh là là !…. Mais elle fait beaucoup plus. ».

Sous un manteau, elle portait tailleur et chemisier ; à la main elle tenait un cartable, à l’épaule un sac ; chaussée en haut de lunettes et en bas d’escarpins ; je remarquai aussi des bas… La couleur ? NOIR. Les cheveux coupés au carré étaient aussi presque noirs.

« Oui, je sais çà fait un peu strict mais elle fait un stage dans un cabinet d’avocats. Tu sais il faut qu’elle soit classieuse ».

Oui c’est exactement le terme : classieuse. Vous déguisez une cagole en pseudo secrétaire et vous vous retrouvez en face de la classieuse Carine. Et d’une distinction :

« Wowowowow Oh papa il faut que j’y aille oh ot;. Il ne manquait plus que : « Bonne mère » ; « Putain con » et on y était. Une sorte de Pagnolesque banlieusarde. Ah çà pour être classsieuse….

- »Ok JM, mais je trouve que çà fait trop ».

- »Nnnnnnnnon. »

- »Comme elle doit avoir chaud la pauvre ».

« Elle fait un complexe. Elle se trouve grosse. Donc, elle ne se découvre guère et s’habille presque toujours en noir ».

- »Ah bon ? Mais çà ne vous inquiète pas un peu ? »

« Nnnnnnnnon. Pourquoi ? Tu sais comme sont les jeunes d’aujourd’hui… »

- »Si tu le dis… Ouh ! Mais elle est décidée… Et elle plutôt ambitieuse non ?…. Et,… elle passe son master à la rentrée ? ».

- »Son master ? Pourquoi tu me parles de master ? »

- »Ben…. Elle ne m’a pas dit qu’elle comptait ouvrir un cabinet d’avocats à Bastia ou à Montréal ? »…

- »Bah ! Elle vient de commencer sa première année de droit. »

- »Je ne comprends pas. On fait des stages dans des cabinets d’avocats en première année de droit ??

« Non ! C’est mon beau-frère qui est avocat qui l’a prise pour faire de l’archivage. Mais tu sais çà fait 15 jo urs qu’elle est dans la place et elle fait déjà du boulot d’assistante…. Tu te rends compte ? C’est pas pour dire mais elle est douée ma fille !… »

Oui. Effectivement. Très douée pour les bobards.

- »Elle habite toujours avec vous ? »

« Non. On lui a pris un T3 en début d’année. Elle vit avec son copain : Jérémy. »

- »Mais ils travaillent ? »

« Ouiiiii. Jérémy travaille à la SNCF ; il est contrôleur de train »

- »Et ta fille ? »

« Ouiiiii. Elle garde de temps en temps les enfants des voisins… Elle est courageuse tu sais. Remarque on les aide bien, va. Tu sais ce que c’est…? On en a qu’une… On se la gâte… »

Gâtée ? POURRIE oui. Mais quelle petite conne. Comme elle se la raconte. Mais quelle mocheté en plus…. Presque 21 ans  ! A peine bachelière ? Mais c’est une foudre de guerre cette petite. Attention Elisabeth (Badinter) ! La relève est assurée. Avant de m’exciter d’avantage, je clos le sujet et préfère l’ironie :

- »C’est bien… ! Les joies d’un père… en somme !

JM béat : « Oui. Ma fierté……………………….. »

- »Je change de sujet mais que me disais tu avant que ta fille arrive ? »

« AH OUIIIIIII ! Daniel ! Attends je pars régler et on y va ? »

-Où çà ? ».

« Chez Menstore ! J’y ai vu des trucs très sympa quand je suis passé devant la vitrine. »

- »Ah bon ? C’est pas trop ton style çà ? ». m’étonnais-je.

Je n’ai pas eu de réponse car JM était déjà parti régler l’addition. Je comprendrais plus tard en rencontrant « l’exquis » Daniel pourquoi mon JM deviendrait pour un temps client de Menstore… Sur le chemin qui nous amenait à la boutique, JM ne se fit pas prier pour me redonner tous les DETAILS de sa rencontre avec Daniel. Je vous épargnerai donc le logorrheïque JM au sujet de son apollon et vous synthétise la présentation :

** « J’ai rencontré un beau brun sur Gaystar il y a trois semaines. Il s’appelle Daniel. Il a 38 ans et il a un grand salon de coiffure sur Marseille. Je l’ai revu pour la troisième fois hier. C’est un type extra : niveau pieu c’est le pied . Je le revois demain. »

JM tiendra absolument à me présenter son « coup »…. de C….oeur. La rencontre se fera au bas de mon domicile de l’époque, dans une boutique d’ameublement et belles déco, assez huppée. Drôle d’endroit pour une improbable rencontre…

« L’exquis Daniel.

Author: Cyril  |  Category: Non classé

Il tint absolument à me présenter Daniel. Je pense que JM voulait me faire partager son bonheur secret… Avec qui d’autre aurait-il pu le partager d’ailleurs…?

JM pris le prétexte, de vouloir acheter une console dans la boutique située en bas de chez moi, pour me présenter Daniel ; çà serait là une occasion, non formelle et « spontanée ». Du moins c’est ce que JM voulait faire croire à Daniel.

14h30 coup de téléphone.

« Salut Cyril, c’est JM.

- »Oh, salut JM comment vas ? « 

« Cà va ! Et toi ? »

- »Bien aussi, merci ! Qu’est ce qui t’emmène ? »

« Je suis garé en bas de chez toi. On va faire un tour avec Daniel dans la boutique de déco. Tu nous rejoins ? »

- »Ok, j’arrive. A tout de suite ».

Une fois le téléphone raccroché, je pris juste le temps de fermer par un tour de clef ma porte d’entrée, et de descendre prestement les quatre étages.

Je me retrouvai en 2 minutes devant l’entrée du magasin.

Je pénétrai dans la boutique, en arborrant mon plus beau sourire. Une façon de montrer que j’étais sous les meilleures dispositions pour que cette rencontre avec l’élu, soit la plus cordiale possible.

Je rejoignis dans le fond du magasin les deux acolytes qui se tenaient de dos ; occupés à déambuler nonchalamment entre les meubles et objets exposés.

Arrivé à leur hauteur je lançai :

- »WAOUW Salut beau gosse ! » JM se retourna.

- »Sapé le mec !… » Il portait un costume écru en lin. Cette couleur clair faisait ressortir son teint halé qui lui donnait la bonne mine des gens épanouis. Je dois bien avouer que ce qu’on nomme l’amour vous rend radieux et JM l’était.

- »Salut Cyril !(Bises de circonstance). Ah tu trouves ? Cà change hein ? ».

- »Très élégant ! Cà te va super bien… »

Daniel s’était entre temps retourné et attendait d’être présenté.

« Daniel, je te présente Cyril ; Cyril – Daniel »

Il y a des personnes avec qui spontanément je veux mettre une distance. Je crois que l’intention était partagée.

Il me tendit en cassant le poignet, une m ain molle. Il me regarda à peine dans les yeux, un sourire à peine exquissé pour me dire :

« Daniel »…

- »Oui, je sais ». répondis-je sèchement. Mon sourire n’était plus celui d’une hôtesse d’accueil.

Je crois qu’il a senti tout de suite en lui serrant la main, lui déboîtant presque l’épaule au passage que nous ne serions jamais amis.

Les présentations faites, Daniel repris aussitôt l’exploration des lieux.

- »Alors qu’est-ce que tu me racontes mon JM ? »

« Oh ! Pas grand chose la routine ».

JM se retourna pour vérifier si Daniel se trouvait suffisamment à bonne distance pour me demandait avec l’empressement d’un enfant, et d’une voix basse contenue :

« ALORS ? Il n’est pas trop sympa ???? » Plein d’étoiles dans les yeux.

- »Tu sais, ce n’est pas avec ce qu’on s’est dit que… »

« Mais non, physiquement il n’est pas trop canonnnnnn ?…. »

- »C’est pas du tout ma tasse de thé. Mais si toi tu le trouve sexe c’est ce qui compte non ? ».

Un peu déçu par ma réponse JM poursuivit.

« On revient de « L’abri » où Daniel m’a invité pour déjeuner, et après on part chez lui faire un petit câlin ».

L’abri est un restaurant situé dans les calanques de Callelongues ; c’est un endroit connu et trop « m’as tu vu » à mon goût pour y avoir une fois dîné. Décidément, Daniel n’aurait pu faire meilleur choix tant le lieu collait à sa personnalité.

JM me proposa :

« Mais avant tu viens avec nous, prendre un petit café à côté ? ».

- »C’est gentil mon JM, mais je dois passer à la banque avant la fermeture et le temps de me préparer… Je suis déjà à la bourre, tu sais… ». Je me demande si JM avait cru à mon excuse, mais il n’insista pas.

Comment dire à JM, que le physique et l’allure de Daniel p assaient encore… De là, à le trouver canon…. Mais c’est surtout dans l’expression, l’attitude que je trouvais le personnage abject.

Cà m’est arrivé  seulement deux fois dans ma vie, de ressentir en une fraction de seconde la plus grande animosité envers quelqu’un. C’est quelque chose que je n’ai jamais pu m’expliquer.

Un détail que je n’aime pas chez mes semblables, ce sont les lunettes de soleil posées sur la tête. A son poignet une gourmette en or. Ce simple accessoire accentuait chez lui un côté pédant qu’il ne pouvait dissimuler. Je n’avais jamais rencontré un individu qui dégageait autant de suffisance, de mépris d’autrui ; c’est simple c’est le genre de personne qui m’inspire le dégoût.

Il est un lieu commun d’avancer que les opposés s’attirent, mais en l’occurence j’étais en face de l’eau et du feu. Il était aux antipodes de ce qu’était JM.

Physiquement ? Evidemment chacun ses critères de beauté. Mais je crois que JM voyait son Daniel avec l’av euglement de l’amour. Un type pas très grand, des cheveux brun très courts encadraient un visage rond, des yeux marrons presque exophtalmiques qui lui donnaient un regard bovin ; des sourcils épais, un petit nez, des lèvres lippues et mollassonnes…. Tant qu’à la silhouette, celle d’un culto grassouillet, aux vêtements étriqués.

JM appela Daniel qui nous rejoignit.

« Cyril, n’a pas le temps de boire un café avec nous ».

Je tendit la main à Daniel et lui dit simplement au revoir. J’embrassai JM et on convint de s’appeler dans la semaine.

En remontant chez moi, j’étais toujours sur le coup de l’étonnement. Qu’est- ce-que JM trouvait à ce type ?

Certes JM était comme jamais je ne l’avais vu auparavant ; il exultait de bonheur.

A moi aussi il m’est arrivé pareille aventure. D’y croire ; d’avoir pendant quelque temps senti avoir des ailes me pousser dans le dos. Puis comme un soufflet raté, une fois ce moment d’extase passé, me dire :

« Mais qu’est-ce que j’ai bien pu trouver à ce type… ». Et passer à autre chose.

Là, c’était bien différent ; pour JM une première aventure amoureuse. Il n’avait jamais connu aussi forte émotion.

J’étais sincèrement heureux pour lui. Je repensais alors à une citation de Proust qui disait :

« Ce qu’il y a d’admirable dans le bonheur des autres, c’est qu’on y croit. »

Seulement je crus que ce bonheur là risquait de ne pas durer ; et plus dure serait la chute…

Quelque chose me disait qu’il était  prêt à faire des choix radicaux dans sa vie… Et l’avenir me confirmera cette orientation…